Les questions liées à la lactation  

1. Trop de lait (Hyperlactation +/- Reflexe d'Ejection Fort)

Certaines mères ont une production lactée surabondante accompagnée d’un réflexe d’éjection vif.

 

Manifestations chez l'enfant :

  • pendant la tétée : l'enfant pleure, s’étrangle, tousse, a une déglutition bruyante, lâche ou refuse le sein, rejette la tête en arrière (faisant croire à un manque de lait), suce ses doigts, est agité, ...
  • l'enfant régurgite un lait clair (pouvant faire croire à un lait peu nourrissant) après la tétée,
  • adopte une succion inefficace pour minimiser le flux de lait,
  • entre les tétées : le bébé pleure beaucoup (surtout le soir), il est agité, a des selles vertes, explosives (faisant croire aux « coliques »), semble frustré,
  • la prise de poids est soit excellente (> 1kg /mois) soit insuffisante (tétées écourtées, refus du sein).

 

Manifestations chez la mère :

  • le lait gicle à "plusieurs mètres",
  • les vêtements sont toujours trempés,
  • le lait est “facilement tiré”,
  • douleurs des mamelons : lors du réflexe d’éjection (succion défectueuse),
  • engorgement, canaux bouchés, mastites à répétition conduisant parfois au sevrage.

 

Quels conseils pour adapter la lactation de la mère aux besoins du bébé?

  • déclencher le réflexe d’éjection manuellement avant la tétée,
  • enlever le bébé du sein quand le réflexe se déclenche,
  • allaiter souvent : plus le bébé tète souvent, moins le flot de lait sera abondant,
  • commencer la tétée dès l’éveil, ou en demi-sommeil dans un lieu calme, peu éclairé,
  • proposer le même sein plusieurs tétées de suite,
  • soulager l’autre sein, par une extraction manuelle (extraire le volume minimum pour assouplir le sein),
  • ne pas tirer son lait (régulièrement),
  • proscrire les coupelles,
  • varier les positions :
  • demi-assise, penchée en arrière,
  • allongée,
  • à califourchon, de face.

Au bout de quelques semaines ou mois, on peut espérer une harmonisation de la production lactée avec les besoins du bébé entrainant une amélioration des symptômes.



2. Pas assez de lait (Hypolactation ou insuffisance de lait)

Il est souvent supposé et parfois réel.

Ce qu’il n’est pas, ce qu’il est vraiment :

La composition du lait maternel est toujours de qualité optimale, parfaitement adaptée aux besoins de l’enfant : il n’y a pas de lait insuffisamment « nourrissant ».

Le manque de lait est trop souvent évoqué devant des signes en réalité sans rapport avec l’allaitement :

  • pleurs incessants du nourrisson, surtout le soir alias « coliques »,
  • fréquence des tétées jugée trop élevée par la mère ou par l’entourage,
  • besoin de proximité de l’enfant qui n’apprécie pas d’être livré à lui-même (dans un lit, dans un berceau..) et qui se calme quand il est porté.

Après avoir vérifié l’efficacité de l’allaitement (cf….) , on pourra rassurer la mère en lui indiquant :

  • qu’un bébé qui pleure n’a pas forcément faim, ou des douleurs abdominales mais qu’il peut aussi exprimer d’autres besoins, notamment un besoin de proximité qui sera facilement comblé par le portage ad libitum,
  •  qu’une fréquence élevée des tétées est normale et souhaitable pour assurer une production lactée satisfaisante.

De trop nombreuses mères doutent de leur capacité à produire du lait, il faut les rassurer et ne pas altérer leur confiance en elles en évoquant un manque de lait à la moindre anicroche.

Par contre, après une évaluation minutieuse, si le manque de lait parait probable (mauvaise prise de poids – cf II..) il faut en rechercher la cause (cfIII).


3. Comment augmenter la sécrétion lactée?

Il est possible à tout moment d'induire une augmentation de la production lactée. Pour cela, on peut :
  • Favoriser la proximité mère-enfant jour et nuit : elle permet d’augmenter la fréquence et l’efficacité des tétées.
  • Encourager le portage et le peau-à-peau.
  • Augmenter la fréquence, l’efficacité des tétées.
  • Changer de sein plusieurs fois, au cours d’une même tétée.
  • Stimuler le bébé pour qu’il tête plus souvent et qu’il soit plus actif (peau-à-peau, massages, portage...),
  • Si besoin : améliorer la prise du sein, corriger une mauvaise position.
  • Proposer la compression du sein, au cours de la tétée.
  • Eviter : sucette, biberon, eau, jus de fruit.
  • Si le bébé n’est pas suffisamment tonique et coopérant, exprimer du lait (manuellement ou au tire-lait  cf fiche IPA : stimuler la lactation).
  • Si un complément est nécessaire en présence d’une urgence nutritionnelle ( cf chap compléments ), le lait tiré sera donné au bébé, si possible autrement qu’au biberon. Si le lait n’est pas utilisé, il sera conservé au réfrigérateur ou congelé (cf FR ) pour un usage ultérieur.