Les Règles d'or  


Les pratiques de l’allaitement découlent directement de la physiologie. Comment ça marche ?
Le professionnel de santé doit veiller à ce qu’aucun phénomène extérieur (pratiques de routine, conseils erronés, préjugés…)  ne vienne parasiter le déroulement des étapes physiologiques.

Pour que l’allaitement « marche », il suffit de respecter la physiologie : mère et enfant ne doivent pas être séparés ; c’est la condition-pivot autour de laquelle les bonnes pratiques vont pouvoir se mettre naturellement en place : après un contact peau-à-peau immédiat, dès la naissance, les tétées pourront être fréquentes, sans limitation de nombre ni de durée (tout près de son bébé, la mère capte les signes d’éveil indiquant que le bébé est prêt à téter et ne risque pas de « manquer des tétées »).
Chez le nouveau-né en bonne santé, les compléments, les tétines et les sucettes entravent l’adaptation de la production lactée aux besoins de l’enfant.
Il est nécessaire de vérifier que la mère place son enfant dans une position « correcte », c’est-à-dire lui permettant de téter efficacement.

L'allaitement est-il efficace ?

  • Observer une (ou plusieurs) tétées : la tétée est efficace (cf. point suivant)
  • L'enfant mouille 4 à 6 couches/24h
  • Dès J4 : 4 à 6 selles jaunes d'or, molles ( cf. fiches : selles du bébé allaité -  à venir )
  • La prise de poids est régulière (cf. fiche de prise de poids - à venir )

 

La tétée est-elle efficace ?

Du coté du bébé :
  • la bouche est largement ouverte, les lèvres retroussées, les joues arrondies, les tempes mobiles;
  • la bouche du bébé prend un maximum d’aréole (plus en bas qu’en haut )
  • le menton creuse le sein
  • le rythme de succion est rapide au début puis lent et régulier
  • on reconnait une pause au milieu de la succion, quand la bouche est ouverte au maximum : "prise d’une gorgée de lait"
  • la déglutition est plus ou moins audible
  • on note une détente progressive des poings


Du coté de la mère :

  • sensation de picotements dans le sein tété
  • écoulement de lait à l'autre sein
  • sensations de "tranchées" dans les seins
  • sensation de soif
  • sensation de détente, de somnolence (souvent décrite par la mère comme un coup de barre)
  • assouplissement du sein au cours de la tétée

A noter : les signes éprouvés par la mère s’estompent progressivement au fur à mesure que l’on avance dans l’allaitement.


Comment donner un complément autrement qu'au biberon ?

Lorsqu’un complément est médicalement indiqué, il est préférable de donner autrement qu’au biberon afin de ne pas perturber l’enfant ni dans l’apprentissage de la succion ni dans le maintien de son savoir-faire.

Indications médicales des compléments : voir protocole ABM

Pour la nature du complément, le 1 er choix se portera vers du lait exprimé par la mère, le 2 ème choix étant une préparation pour nourrisson.

Les différentes possibilités :

  • à la cuillère : don de colostrum,
  • à la seringue,
  • au verre : cette méthode est couramment employée pour nourrir les prématurés en attendant qu’ils soient capables de téter directement au sein ; l’enfant étant tenu verticalement, le verre doit être appliqué contre la lèvre inférieure, le lait affleurant la lèvre (il ne faut pas verser le lait dans la bouche), le bébé ouvre la bouche, sort la langue et vient laper le lait,
  • avec un dispositif ou set d’aide à la lactation (DAL) (modèle commercial ou « maison »),
  • au doigt.

Comment choisir ?

Il n’y a pas de supériorité de l’un des moyens ci-dessus par rapport à un autre.

Il faut exposer aux parents les différents procédés ; ils choisiront ensuite celui qui convient le mieux à eux et à leur enfant.

Le DAL est plutôt à réserver aux enfants qui ont un problème de succion ou lorsque le besoin de compléments s’annonce prolongé (insuffisance de lactation consécutive à une chirurgie mammaire).

En cas d’échec de toutes ces méthodes, à fortiori s’il existe une urgence nutritionnelle, les compléments seront administrés au biberon mais seulement si l’enfant l’accepte (ne jamais forcer un enfant à prendre un biberon ou une tétine sous peine d’entraîner une dysoralité).