Comment ça marche ?   

La connaissance de l’anatomie et de la physiologie est indispensable à la compréhension des règles de bonnes pratiques de l’allaitement.
La glande mammaire est un organe exocrine dont la sécrétion est sous double contrôle : neuro-endocrinien et autocrine. L’enfant par l’intermédiaire de sa succion est le chef d’orchestre de cette régulation.

 

Anatomie

 
 
     

   
Anatomie du sein
 

La glande mammaire est une glande exocrine, composée :

  • d’un appareil sécrétoire : les cellules sécrétant le lait, ou lactocytes sont groupées en acini eux-mêmes regroupés en lobules. Le lait est éjecté puis drainé par les ductules ou canaux galactophores jusqu’au mamelon,
  • d’un tissu de soutien conjonctivo-graisseux (qui fait la taille du sein et qui ne préjuge en rien de la capacité à produire du lait ; même les femmes avec une petite poitrine auront suffisamment de lait),
  • de riches vascularisation et innervation.



    La zone aréolaire

La pigmentation de l’aréole se renforce pendant la grossesse.

L’aréole comporte :

  • des récepteurs distaux (périphériques) sensibles à l’étirement (stimulés par la succion) : point de départ du réflexe de sécrétion-éjection,
  • des récepteurs proximaux (au bout du mamelon) sensibles à la douleur, stimulés en cas de mauvaise prise du sein en bouche par l’enfant (enfant tétant du bout des lèvres),
  • des glandes de Montgoméry sécrétant lait et sébum dont l’odeur guide le bébé lors de la recherche du sein et au rôle lubrificateur (ne pas nettoyer l’aréole avant la tétée).


L’aréole est constituée d’un tissu érectile dont la forme sera façonnée par la succion du bébé (la forme des mamelons, plats par exemple, ne préjuge en rien des difficultés à allaiter).
L’aréole est un repère sensoriel primordial qui aide l’enfant à trouver le sein :

  • repère visuel par sa couleur foncée,
  • repère tactile : chaleur par sa vascularisation,
  • repère olfactif : concentré d’odeur de la mère par les glandes de Montgoméry.


Physiologie

Le mécanisme de la production lactée est principalement sous le contrôle de l’enfant par l’intermédiaire de deux types de régulation : 

     Régulation neuro endocrinienne : réflexe de sécrétion-éjection        


  
C’est un arc réflexe classique :

  • la succion du bébé stimule les mécanorécepteurs qui envoient un influx nerveux jusqu’à l’hypothalamus maternel, qui en retour déclenche la sécrétion de la prolactine (lobe antérieur de l’hypophyse) et de l’ocytocine (libérée par le lobe postérieur de l’hypophyse),
  • la prolactine est l’hormone régulant la synthèse des différents constituants du lait.
  • l’ocytocine est l’hormone de l’éjection du lait et peut être déclenchée par d’autres stimuli (émotions, vision du bébé, contact physique avec le bébé…).

Régulation locale autocrine : Rétrocontrôle négatif de l’organe par lui-même          

 

La synthèse du lait est un phénomène continu mais dont la vitesse varie en fonction des besoins de l’enfant :

Le FIL (feedback Inhibitor of Lactation) est un peptide sécrété en même temps que les autres composants du lait ; si le lait n’est pas extrait (si le bébé ne tète pas), la vitesse de synthèse du lait ralentit, voire s’arrête.

En d’autres termes : plus le bébé tète, plus la quantité de lait disponible augmente. Inversement, si le bébé ne tète pas assez souvent ou tète inefficacement, la quantité de lait produite diminue.